A la Casa MarDi, on prend le temps.
Le temps de vivre pour créer, de se retrouver, de se dépasser et d’expérimenter sans complexe.
13 jours loin de chez moi avec mon trouble de la personnalité borderline et des personnes que je ne connaissais pas. Ma première résidence, j’avais peur.
Peur de ne pas y arriver, peur de ne pas être à la hauteur.
Mon projet initial, sûrement trop ambitieux, se casse la figure.
Je m’éparpille, je teste, je cherche.
Je veux produire quelque chose de différent de ma pratique habituelle mais je ne sais pas quoi ni comment. D’un point de vue technique, mes essais de lift Polaroïd sur pierres fonctionnent mal. L’émulsion n’adhère pas correctement sur la matière trop lisse de la roche locale qui abonde dans la région et mes images en noir et blanc manquent toujours de contrastes.
Retour à la case départ; je pleure puis nous échangeons avec Marie et Didier, qui m’aident à me recentrer, et je choisis de me libérer de cette auto-pression qui me paralyse pour simplement laisser sortir ce qui vient, sans contrainte, ni but précis.
C’est ainsi qu’est né “La forme du vide”, une série de transferts qui matérialise le vide plein qui nous entoure et fait écho au vide du trouble de la personnalité borderline, grande caractéristique de ce trouble psychique.
Il naîtra également de cette résidence quelques poèmes et des photos couleurs, empruntes de lumière cinématographique, de douceur et de rêverie, merci.