2020

Goudargues Fr

26 juillet – 2 août 2020
« et au milieu coule une rivière… »

2020 année COVID, tous les évènements de l’été sont annulés…
Début juillet, petite Visio avec Xavier de Kepper qui va débuter sa résidence à Unac (09), ça fait envie.
Discussion le soir entre-nous, puis la nuit portant conseil c’est décidé, nous créons notre résidence photographique.
Comment faire ?
Nouvel échange avec Xavier et tout se met en marche, sur ses précieux conseils nous lui donnons un nom ; « et au milieu coule une rivière… », un première identité visuelle, nous activons les réseaux, l’appel à résidence est lancé, début dans 3 semaines…
Modalités d’organisation, philosophie, les mêmes que celles des « Rencontres internationales d’artistes » organisées par Gérard Gayou à Peyra sur l’Hers que nous avons accompagné pendant plus de 25 ans.
Et beaucoup d’improvisation…
Ça marche !
Effectif complet.
Le 25 juillet 2020 débute la première résidence.

Natalie Svit-Kona Eïfyran

 » 4h de route, 35 degrés dans le maquis. Les cigales. Midi. Entrer dans l’inconnu, la maison de Marie et Didier, et être frappé.

Par ce dédale de pièces fraiches et de terrasses chaleureusement décorées, d’art et de souvenirs de voyages, de belles rencontres aussi. Par ces rais de lumière, ces clairs obscurs. Un temple. Cette maison de pierre est habitée, d’amour et d’histoire.

Et puis s’asseoir à table puisque chez eux il n’y a pas que la rivière qui coule à flot, il y le vin de pays aussi, rouge ou blanc, et mille mets savoureux. S’asseoir et écouter raconter Marie et Didier; les regarder; deux amoureux. Deux passionnés. Vifs et bienveillants, zen et hyperactifs, un tourbillon d’idées, de blagues, de douceurs, d’onguents, d’odeurs et de poésie, cet endroit est un havre, ce moment une aventure. Dans les bras des MarDi.
C’est l’évidence, j’ai envie de croquer ça, leur énergie rayonnante, leur voix dans le silence, de l’inscrire dans le temps. Même si c’est incomplet ou si c’est subjectif. Je vais leur demander. Ils ont dit oui.
Voici trois séries.

Sol Le Duc

Il y a la vie qui est comme ça
un peu abrupte
le travail où il faut aller
les responsabilités à prendre
la fatigue qui se couche sous
les yeux et le corps qui se casse
pour aller où
on ne sait pas

il y a l’envie qui est là
elle remue dans un coin de tête
et puis un jour on boit du vin
ou du rhum
et on se met à faire sans savoir
vraiment qui
c’est l’amour qui construira
le plaisir prend le dessus sur la peur
la sueur est le nectar
du cerveau en fleur

il y a la vie qui est comme ça
très douce comme Elita
et au milieu coule une rivière.

Xavier Blondeau

Et au milieu coule la rivière… et après !
après que le temps ait fait son œuvre,
que la source se soit tarie et que l’eau ait disparu.
Il reste alors son lit,
comme les traces anciennes d’un temps révolu.
De petites collines ici et là, témoins d’une activité passée et qui n’est plus.

La rivière est partie et a laissé son lit aux regards des autres.
tout comme le nôtre, caché par nos draps,
protégeant nos corps dans la nuit froide,
jusqu’au dernier instant, où le linceul nous laissera là, inerte,
en attendant un après.

Hélène Thiennot

Les occupants

Les occupants sont ceux qui restent, ceux qui ont toujours été, ceux qui disparaissent avec le temps. Ils façonnent le paysage pour lui donner un nom. Leur existence seule permet de baptiser un lieu et de le reconnaître.
Il est.
Comme un individu fait de cellules singulières, l’aura de cet endroit se compose de tous ses habitants inertes. Semblables ou opposés, ces présences composent la mosaïque d’une identité.
Cette série de diptyques cherche, modestement, à rassembler ces petits morceaux d’âmes disséminés ça et là.

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