2024
25 août – 1er septembre 2024
« et au milieu coule une rivière… »
Cimetière d’insectes
J’avais commencé à récolter des corps d’insectes morts que je trouvais par hasard. Je voulais les voir de plus près et mon scanner à négatifs était l’outil parfait pour ça. Je ne savais pas où j’allais avec cette série. J’aimais l’esthétique des insectes, leurs textures. J’aimais aussi le fait de prêter attention à leurs corps, abandonnés. J’ai posté ces images sur Instagram. C’est là que Nathanaëlle Quoirez m’a proposé une collaboration : mêler mes images à sa poésie. Elle a imaginé les dernières paroles de ces insectes, une sorte d’épitaphe poétique revisitée. Je connais et suis le travail d’écriture de Nathanaëlle depuis longtemps. J’ai accepté tout de suite sa proposition de faire des cercueils pour ces insectes. De leur donner une sépulture et de prêter attention à leurs corps morts sous le prisme du sacré. L’objectif final étant d’inaugurer un véritable cimetière d’insectes. Durant la résidence à Goudargues, j’ai pu continuer à récolter des sujets pour enrichir la série. Je me suis aussi amusé à expérimenter différentes formes d’impression : anthotypes, cyanotypes, rayogrammes ; pour explorer des esthétiques différentes.
Eclats
Tout est parti d’un tableau méconnu d’Ellsworth Kelly, Seine, 1951. La vision unique du scintillement de la rivière. Le jeu des ombres et des lumières s’y réduit à la plus simple expression, une succession de carrés noirs et de carrés blancs, frappante évocation des futurs pixels qui composent aujourd’hui notre monde. Frappante évocation, aussi, de sa polarisation.
L’aspect contrasté de cette œuvre nous a fortement inspirés. Andréa pour sa pratique photographique du miroir dans l’espace public et privé, comme fracture du réel et reflet changeant du monde. Patrick pour sa pratique expérimentale du papier photographique traditionnel utilisé comme négatif à la chambre, d’où des images contrastées, dures, où la réalité n’est pas immédiatement compréhensible. Mais aussi de celle numérique, ici plus nette, avec laquelle il a sublimé les bustes des résidents.
Autant d’éclats, au bord et au milieu de la rivière…
Eclats
Tout est parti d’un tableau méconnu d’Ellsworth Kelly, Seine, 1951. La vision unique du scintillement de la rivière. Le jeu des ombres et des lumières s’y réduit à la plus simple expression, une succession de carrés noirs et de carrés blancs, frappante évocation des futurs pixels qui composent aujourd’hui notre monde. Frappante évocation, aussi, de sa polarisation.
L’aspect contrasté de cette œuvre nous a fortement inspirés. Andréa pour sa pratique photographique du miroir dans l’espace public et privé, comme fracture du réel et reflet changeant du monde. Patrick pour sa pratique expérimentale du papier photographique traditionnel utilisé comme négatif à la chambre, d’où des images contrastées, dures, où la réalité n’est pas immédiatement compréhensible. Mais aussi de celle numérique, ici plus nette, avec laquelle il a sublimé les bustes des résidents.
Autant d’éclats, au bord et au milieu de la rivière…
L’amie retrouvée
Lors de cette résidence j’ai souhaité travailler sur l’amitié et en rencontrant Emma et Anaïs
au bord de la rivière, je savais que j’avais trouvé mon histoire : celle de deux jeunes femmes
à l’amitié fusionnelle. Emma et Anaïs ont dix-huit ans, elles ont grandi ensemble et partagent
tout. Mais depuis deux ans, Emma est partie vivre avec ses parents en Corse, alors quand elle
revient à Saint-Laurent-la-Vernède pour les vacances, elle passe tout son temps avec Anaïs.
Elles vont à la rivière l’après-midi et passent leurs soirées à la Paillote Glou-Glou.
Dire adieu au soleil
Chaque année c’est la même chose, la nostalgie avant l’heure. On voudrait étirer les derniers rayons, tenter de retenir les secondes. Les fixer. Les avoir toujours en mémoire, pour plus tard. Pour les courtes journées d’hiver où il fera froid et triste. Et alors, s’attarder sur les détails, les émotions, les sensations. Suivre son instincts et les
rayons du soleil qui me pointent l’essentiel.
Venir en résidence ici, c’était l’idée d’avoir le temps d’expérimenter. Promesse tenue, j’ai profité de ce temps. Pour expérimenter, se planter, réessayer, patienter. L’anthotype m’était inconnu en arrivant, il restera toujours aussi mystérieux en repartant de chez MarDi. Malgré tout, ce fut un plaisir de pouvoir l’apprivoiser.